Faire ses études à l’étranger ou comment je suis partie étudier en France. Partie 1


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Cela fait maintenant 6 ans que je vis et découvre la France au quotidien. En août 2010 j’ai posé mes valises à Rennes en vue de faire mes 3 ans de Licence à l’université rennaise.

Mais c’est seulement maintenant que je me suis décidé à lancer un blog pour retracer mon aventure étudiante et humaine pendant toutes ces années passées dans plusieurs villes françaises.

Je voudrais commencer par raconter mon histoire d’arrivée et plus exactement expliquer pourquoi j’ai choisi de faire mes études à l’étranger et quelles étaient des démarches à faire depuis l’Ukraine pour y arriver.

C’est parti !

Les premiers éléments déclencheurs

Quand j’étais au lycée, je ne me voyais pas du tout quitter Kiev pour faire mes études à l’étranger. Cela n’était pas parce que je ne savais pas que faire après l’obtention du Bac, j’avais tout simplement d’autres projets en tête.

En fait, pendant mes dernières années de lycée, je me préparais entrer à l’Ecole d’Architecture de Kiev. Mon planning était souvent rempli plusieurs mois en avance : des devoirs à l’école, des cours de dessin, des cours de dessin technique, des cours de maths. J’aimais tout ça tellement fort qu’un jour une force majeure m’a obligée d’abandonner définitivement ce beau rêve. On m’a diagnostiqué une tendinite au poignet ce qui voulait dire que je n’allais ni pouvoir dessiner, écrire ou simplement tenir un stylo dans ma main droite.
Le monde entier s’est écroulé en moi. Plus rien ne m’emportait. J’ai perdu la motivation pour tout et surtout pour la préparation du Bac, tellement important pour réussir à entrer à l’université ukrainienne.

Mais la vie continue, comme on dit. Au début, je voulais prendre une année de réflexions pour retrouver ma forme et peut-être revenir à l’idée de l’architecture. Mais vu l’état de mon poignet, mes parents étaient d’un autre avis et préféraient me voir étudiante dans autre chose que l’architecture.

 

Le processus d’accès à l’université ukrainienne est un peu différent de celui à l’université française. Si en France on accède à la Licence sur simple inscription, en Ukraine il faut passer un concours.

 

Pour être candidat à ce concours, le futur étudiant doit posséder normalement un diplôme d’études secondaires (équivalent Bac) et un ou plusieurs certificats prouvant qu’il a réussi des examens dans les matières exigées par les facultés de son choix. Par exemple, le département de langues oblige avoir des certificats de langues que le candidat veut étudier, la faculté de chimie exige des certificats en maths et en chimie, etc.

 

A l’issue du concours, l’université définit une liste de ceux qui auront droit à une bourse d’Etat (en fonction des résultats au Bac et aux examens exigés par les départements) et les autres qui devront payer pour suivre leur cursus. Toute cette période d’admission s’étale entre début juillet à mi-août. La rentrée universitaire se fait habituellement au 1 septembre de chaque année.

 

Le seul souci était que je ne savais absolument pas où candidater et quels certificats passer pour réussir mon admission. Psycho ? Philo ? Socio ? Géo ? Ou bien Histoire ? Le choix était tellement dur parmi tout cela que j’ai choisi la simplicité – passer une année à étudier le français et l’anglais, bien que les étudiant depuis le lycée. Je voulais simplement avoir un truc tranquille et pouvoir étudier la littérature et lire plein de livres.

Eh bien, soit ! Le 1 septembre 2009, je me suis retrouvée dans un des amphis de l’université Polytechnique de Kiev, à l’accueil des nouveaux étudiants du département de traduction technique français/anglais. Ni la science, ni la traduction ne m’intéressaient vraiment. J’ai choisi cette université à cause des cours de nage inclus au programme de la 1ère année. J’espérais encore rétablir mon poignet et continuer dans l’architecture…

Tout s’est fait par Hasard

Le Hasard… eh oui ! Il joue souvent un rôle décisif dans la vie. Deux mois après la rentrée, avec ma copine de promotion, nous avons découvert que dans le bâtiment où on avait la plupart de nos cours il y avait le bureau de Campus France – une branche de l’ambassade française en Ukraine s’occupant de la mobilité des étudiants.

Sans trop réfléchir, nous, jeunes et ouvertes aux aventures, sommes allées voir de quoi il s’agissait. Une gentille jeune femme nous a reçues et nous a très vite charmées par toutes les possibilités existantes pour partir en France en tant qu’étudiant. Dire que cela nous a fait rêver, c’est… ne rien dire ! Moi personnellement, je me suis senti littéralement bouleversée par tout ce que j’ai pu comprendre en l’espace de quelques minutes. Comme si on m’a ouvert les yeux sur quelque chose d’incroyablement magnifique…

Et c’était le cas car à partir de ce moment, je ne pouvais plus arrêter d’y penser et de chercher des infos à ce sujet sur Internet. Par contre, quand j’en ai parlé à ma famille, ils ont montré beaucoup moins d’enthousiasme que moi. Seulement ma mère a bien réagi et m’a demandé de lui expliquer toute la marche à suivre pour mieux comprendre la difficulté de l’affaire. Rien n’était encore décidé mais je me suis sentie très inspirée.

Je suis revenu voir le bureau de Campus France pour discuter plus en détails et comprendre mes chances d’y arriver. Elle m’a bien sûr rassurée en me disant ne pas m’inquiéter plus que cela. Ensuite j’ai reçu un dossier à remplir ainsi qu’une liste de conditions à respecter pour envoyer ma candidature. Une des conditions obligatoires était bien sûr le choix de ma future spécialité et des 3 universités françaises. J’avais l’impression d’avoir réellement pris ma vie en mains !

Bon ce n’est pas tout ça… et combien ça coûte ?

Après toutes ces émotions, il fallait quand même passer aux choses sérieuses. Et notamment tout savoir sur le coût réel de cette démarche. Très vite j’ai découvert que ce détail clé était important non seulement pour ma famille mais aussi pour l’ambassade. En fait, pour recevoir un visa étudiant, il fallait avoir minimum 5 000 euros sur son compte bancaire. C’est pourquoi avant de s’y lancer vraiment, il fallait tout bien évaluer et trouver des moyens suffisants.

Ma mère a pris le courage de tout assumer financièrement. D’abord pour 1 an et puis on verra pour la suite. A partir de ce moment, je ne vivais et ne respirais que par cette idée. Et non seulement parce que j’avais envie de me détacher de mon échec involontaire à l’École d’Architecture, je voulais simplement prouver à moi-même que je suis tout à fait capable de mener jusqu’au bout un des plus importants projets dans ma vie.

Je me suis également mise à étudier les possibilités de financement existantes. J’ai candidaté ainsi pour tous les programmes de bourse où je pouvais éventuellement être acceptée. Malheureusement, au moment de le faire, je me suis rendu compte de deux choses – soit la date limite du dépôt de dossiers pour certaines bourses était passée, soit je ne convenais pas aux conditions d’attribution en tant qu’étudiante de 1ère année en dehors de tout programme d’échange.

J’ai également sollicité de l’aide de la part de mes proches mais cela m’a plus attristée qu’autre chose. Malheureusement personne n’a compris pourquoi je faisais ça et ont même fortement critiqué mon initiative. Je ne m’attendais pas du tout à ce que des gens que je considérais comme très proches réagissent comme ça.

Cette découverte peu agréable ne m’a pas fait baisser les bras mais au contraire m’a fait prendre conscience d’une des règles d’or dans la vie : quand on fait quelque chose de vraiment important, il est primordial de s’entourer de gens bienveillants. Cela aidera non seulement à réussir ce qu’on fait mais aussi ne pas perdre confiance en soi et garder son estime de soi. C’est pourquoi pour la suite de mon aventure j’essayais de minimiser le contact avec des gens comme ça et de ne me retrouver que parmi des personnes ambitieuses, pleines de bonne volonté et surtout conscientes de la force du mot soutien.

Mon étape suivante consistait à choisir 3 universités françaises pour déposer mon dossier. Il fallait aussi réfléchir à ma future spécialité et pouvoir, bien sûr, motiver ce choix. Mais je vous parlerai de tout cela très prochainement, dans la deuxième partie de mon histoire.

En attendant… osez rêver mais surtout n’oubliez pas d’agir ! 😉

A bientôt !

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AniLinaCarmenanick Recent comment authors
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Carmen
Carmen

C’est grâce au Campus France que je suis arrivée en France aussi 🙂 Tout comme toi : allons voir l’atelier de cette salle par simple curiosité, même si je n’avais jamais envisagé de faire mes études en France.

anick
anick

J’attends la suite ! Bise, Ani.

Ani
Ani

RejoiBon voyage !
Chaleureuses, tendres et affectueuses pensées !