10 choses qui m’ont marquée après mon arrivée en France


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Depuis le lancement de ce blog, je relis mes carnets personnels pour trouver des sujets d’articles. Une occasion pour (re)découvrir mes gribouilles un peu oubliées où je notais mes premières impressions peu après mon arrivée à Rennes.

Parmi mes notes il y a un peu de tout. Tout ce qui me paraissait étrange ou intéressant – le goût des produits alimentaires, l’aménagement des villes, le fonctionnement des transports en commun, la communication des gens et bien sûr leurs petites habitudes au quotidien. Tous ces détails, auxquels on ne fait pas souvent attention mais qui impactent la vie et font qu’un pays est différent d’un autre.

Je vous invite donc à plonger dans mes souvenirs et à découvrir mon TOP-10 des trucs qui m’ont le plus marquée lors de mes premiers mois de vie à Rennes.

1. Les piétons traversent la rue au feu rouge

Quand j’étais à Kiev, j’étais habituée à traverser la rue seulement au feu vert piéton. En arrivant à Rennes, j’ai tout naturellement gardé ce même comportement. Sauf qu’une chose n’allait pas : la plupart du temps j’étais toute seule à attendre que mon feu vert s’allume alors que tout le monde a déjà traversé au rouge.

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Ce non-respect du feu rouge m’a surprise. Mais j’ai compris après avoir observé les gens aux carrefours qu’il y a un temps où les 2 feux (piétons et voitures) sont à rouge. Dans ce cas, personne n’est censé traverser et devrait attendre. Les gens semblent considérer que ce temps d’attente est superflu et que le risque que les voitures démarrent rapidement est faible. C’est pourquoi ils décident de traverser malgré tout, et finalement un peu n’importe comment.

A Kiev, cette situation ne m’aurait même pas traversé l’esprit, vu que les feux permutent simultanément. En effet, dès que le feu voiture passe au rouge, celui des piétons passe à vert. Mais également quand celui des piétons repasse à rouge, celui des voitures repasse directement à vert et elles redémarrent aussitôt ! Difficile pour moi d’envisager alors de traverser au feu rouge, surtout vue la densité de circulation à Kiev !

Mais je me suis petit à petit intégré à la vie à la française, et il m’arrive maintenant de traverser aussi au feu rouge :p
Mais ne le dites à personne, hein ? 😉

2. Place aux cyclistes !

Quand j’étais à Kiev, j’aimais bien faire du vélo. Par contre, je ne m’amusais jamais à rouler sur la voie des voitures car à l’époque c’était beaucoup trop dangereux. En plus, il n’y avait pas de pistes cyclables aménagées et la seule solution était d’emprunter le trottoir en dérangeant des piétons.

Et quand je suis arrivée à Rennes… j’ai halluciné ! J’avais l’impression de voir TOUS les habitants de la ville se déplacer en vélo. Des pistes cyclables partout, des feux à la hauteur des yeux de cyclistes, des endroits spécialement aménagés pour laisser son vélo. Et en plus, la courtoisie des conducteurs envers les cyclistes est souvent au rendez-vous. Bref, tout pour profiter de sa ville et prendre plaisir en roulant !

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D’ailleurs, cela m’a tellement marquée que deux semaines après mon arrivée, j’ai acheté un très joli vélo d’occasion pour profiter moi aussi de ce confort cyclable.

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Mon premier vélo acheté à Rennes

Et même pas un an plus tard je me suis dépêché de le vendre à cause d’une autre grande découverte – Le Vélo STAR, le réseau rennais des vélos en libre-service grâce auquel on peut emprunter un vélo pour ses déplacements urbains. Pour moi qui n’ai jamais connu ce genre d’installations à Kiev, j’ai vraiment adoré ! Et puis Rennes est tellement agréable pour pédaler… que demander de plus ? Du bonheur à son état pur et pour un prix abordable !

D’ailleurs, ce n’est peut-être pas pour rien que Rennes est arrivé récemment à la 4ème place des villes les plus cyclistes de France après Strasbourg, Grenoble et Bordeaux. 😉

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3. Un fonctionnement différent des bus urbains

Ce qui peut paraître absolument normal pour tous les Français, ne l’était pas pour moi.

A Kiev, il y a bien évidemment un réseau de transport en commun – des bus, 3 lignes de métro, des trams et même des trolleybus. La seule différence – c’est leur fonctionnement.

Théoriquement, le réseau de transport à Kiev a des horaires. Mais en réalité… ben, il n’y a pas vraiment d’horaires, même approximatifs. Il m’arrivait souvent d’attendre mon bus pendant 5 min, 15 min ou 1h en fonction du moment de la journée mais aussi de la densité du trafic (à l’époque les bus ukrainiens n’avaient pas de voies réservées pour eux).

Par contre, quand je suis arrivée à Rennes alors là… c’était un véritable paradis ! Des horaires affichés à chaque arrêt de bus, des plans du réseau dynamique, des horaires téléchargeables sur Internet, une application mobile en temps réel… mais quelle chance et quel confort de pouvoir contrôler ses propres déplacements à la minute près !

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En plus de cela, j’ai découvert à quoi servait ce bouton rouge « arrêt » à l’intérieur de bus. Dans des bus ukrainiens il existe aussi mais comme les bus sont obligés de s’arrêter à tous les arrêts quoi qu’il arrive… bah, il ne sert à rien ! On ne signale pas au conducteur son envie de descendre, on attend son arrêt et c’est tout.

Du coup, lors de mes premiers voyages en bus à Rennes, j’ai manqué deux fois mon arrêt avant de me rendre compte de la nécessité de me servir de ce fameux bouton « Arrêt ». D’ailleurs, j’ai eu une situation semblable dans le métro parisien où en voyageant pour la première fois dans un vieux train de métro j’attendais qu’une porte s’ouvre alors qu’il fallait l’ouvrir par moi-même à l’aide d’un ouvre-porte métallique. 😀

4. Un libre accès au métro

Le métro de Kiev est semblable à celui à Paris : chaque station est équipée d’un agent de station et de portillons d’accès difficiles à franchir sans ticket (sauf si on saute par-dessus, bien sûr :D).

Par contre, quand on vient à Rennes, on découvre un métro très moderne et qui change.

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Enfin, il est bien surveillé mais tout se passe de manière absolument invisible. A l’entrée de chaque station on trouve un distributeur de tickets automatique, pas de portillons, juste quelques poteaux spéciaux pour valider son ticket et une caméra au-dessus de sa tête.

Après avoir vu tout cela, la première chose que j’ai pensée : ici, on te fait confiance et maintenant c’est à toi d’être un citoyen responsable. Et moi, j’aime bien quand on me fait confiance 😉

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Ceci dit, « ça, c’était avant ». En effet, avec la nouvelle ligne de métro en cours de construction, des portiques seront installés à l’entrée de chaque station pour obliger les voyageurs à valider leur ticket. Et oui, des fraudes systématiques coûtent cher à la collectivité, environ 4 millions d’euros par an, ne l’oublions pas 😉

5. Le clavier AZERTY

En Ukraine, tous les ordinateurs portables sont équipés d’un clavier QWERTY. En plus des lettres latines, les claviers ukrainiens comportent les lettres cyrilliques de l’alphabet ukrainien. Du coup, je pensais que le clavier QWERTY était un clavier universel pour tous les ordinateurs du monde. Sauf qu’en arrivant à Rennes, j’ai découvert avec surprise que dans la bibliothèque universitaire tous les ordinateurs fonctionnaient avec un clavier AZERTY.

Le fait que seules quelques lettres changent leur place habituelle a littéralement bouleversé mon quotidien. Mes doigts, tellement habitués au clavier QWERTY, ont été obligés d’apprendre que la lettre “A” est désormais à la place de la lettre “Q”, que la lettre “M” n’est plus à côté de “N” et que les chiffres ne sont plus accessibles sur simple toucher en haut du clavier. Tout cela en plus de la ponctuation qui « déménage » elle aussi…

Pour ne pas souffrir trop longtemps (vu que mon PC amené de Kiev était en mode QWERTY), j’ai vite trouvé la solution à ce petit problème – acheter un clavier en mode AZERTY d’occasion pour tout réapprendre. Et finalement, au bout de 3 mois j’ai réussi à changer mes habitudes dactylographiques ou plutôt à « reformater » mon cerveau. 😀

6. S’asseoir par terre – c’est normal !

J’ai été également surprise par le nombre de gens qu’on peut voir assis en ville sur l’herbe, par terre, sur des marches ou sur les bords de trottoirs. Au début je ne comprenais pas trop pourquoi. Peut-être parce qu’en ville il n’y avait pas assez de bancs ou c’était tout simplement une habitude chez beaucoup de gens ?

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Des gens assis par terre vus depuis le dernier étage du Centre Georges Pompidou à Paris

C’est vrai qu’à Rennes il manque de bancs au centre-ville, notamment sur certaines places stratégiques telles que la place de l’Hôtel de ville. Mais bon… cela me paraissait vraiment bizarre.

Dans ma vie à Kiev, je n’ai jamais eu envie de m’assoir comme ça par terre. Tout simplement parce que je ne voulais pas salir mes vêtements et puis surtout que cela ne se fait pas trop. Mais quand j’ai commencé mes études à la fac, j’ai vite dû changer mes habitudes car tous mes copains de promo aimaient aller manger leur sandwich sur la pelouse. Après tout, c’est convivial quand on est à plusieurs et ça change du repas habituel à table.

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Des étudiants assis par terre près de la Sorbonne

7. Gentillesse, politesse, délicatesse

C’était peut-être la chose la plus marquante de toutes celles que je viens d’évoquer. Par exemple, lorsqu’on fait ses courses dans un supermarché à Kiev, il est plutôt rare d’entendre les commerçants dire “Bonjour, Madame/Merci/Au revoir/Bonne journée/Bon week-end”. Ou encore dire « bonjour » et « au revoir » dans une boutique et dans un bus.

Au tout début, cela me faisait étrange d’entendre les commerçants me saluer alors que moi je ne venais juste « pour regarder » sans acheter. Mais au fil du temps, je me suis tellement habituée à cela que maintenant je trouve indispensable de dire bonjour à tout le monde que ce soit un vendeur, un conducteur de bus ou un surveillant au musée ou même parfois des gens dans la rue que je ne connais pas 😀

8. Les nouveaux goûts des aliments

Avant mon départ, une chose était sûre : en France j’allais pouvoir enfin goûter un vrai fromage, du foiegras, une baguette de pain et déguster les plats incontournables de la cuisine française.

Dès ma première visite au marché des Lices, le plus vieux marché de Rennes, j’ai bien évidemment découvert plein de choses. Le truc est que je ne m’attendais pas à redécouvrir le goût des produits de base auxquels j’étais déjà habituée en Ukraine.

Par exemple : le beurre. En Ukraine, le beurre existe aussi mais en version beurre doux. On peut éventuellement en trouver du chocolaté et c’est à peu près tout. Mais imaginer que le beurre peut être aussi salé ?

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C’est après avoir fait mes premières courses que je me suis rendu compte de cela. Par habitude j’ai acheté du beurre… sans trop regarder quel beurre je prenais exactement. En arrivant chez moi, j’ai fait un sandwich vite fait et quelle était ma surprise de le sentir plus salé que d’habitude ! Et oui, parce qu’en Bretagne il faut toujours faire attention aux petites inscriptions sur l’emballage… « beurre doux » ou « beurre salé » ?

Même si je préfère manger toujours du beurre doux, cela reste quand même une des découvertes les plus originales depuis mon arrivée. D’ailleurs, le beurre salé est parfait tout juste fondu sur une crêpe ou une galette bretonne. Miam !

9. L’eau du robinet se boit !

En Ukraine, l’eau du robinet n’est pas potable. Dans ma famille on utilisait soit un filtre purificateur, soit de l’eau en bouteilles, soit tout simplement on la faisait bouillir.

En arrivant à Rennes, le fait d’acheter de l’eau en bouteilles n’était pas évident pour plusieurs raisons :

  • il n’y avait pas de supermarché à proximité de mon appart et les packs étaient lourds à porter à la main
  • si on achète de l’eau en bouteilles régulièrement, c’est quand même un certain budget au final même si on a l’impression qu’une bouteille d’eau ne coûte pas cher
  • ce n’est pas très écolo…

Heureusement que j’ai découvert assez vite qu’on pouvait boire l’eau du robinet. Bien que ce soit une solution parfaite pour moi, au début j’avais quand même un certain blocage psychologique avant de pouvoir boire cette eau tranquillement.

10. Il pleut ? Ce n’est pas grave !

On pense souvent que la Bretagne est la région la plus pluvieuse de France. Mais, c’est faux ! Il pleut presqu’autant (voire plus) au Nord, à Bordeaux ou dans le pays basque. La seule particularité bretonne c’est qu’il pleut souvent mais cela ne dure pas longtemps. Heureusement 😉

Avant mon départ donc, j’ai bien sûr lu et relu plusieurs sites et blogs au sujet de la météo. Tout le monde disait que Rennes (et la Bretagne de manière générale) = de la pluie et du mauvais temps tout le temps. J’ai donc mis dans ma valise tout ce qui peut aider dans ce cas-là : un parapluie, un imperméable, une paire de chaussures résistantes, une housse de protection pour mon sac à dos. Je me préparais moralement aussi : à l’humidité, à la grisaille, aux flaques d’eau partout, au parapluie mouillé entre mes mains.

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La vue depuis ma résidence étudiante à Rennes

Et quelle était ma surprise quand je me suis rendu compte qu’il ne pleut pas tant que ça à Rennes et que surtout la pluie à Kiev et celle à Rennes, ce n’est pas du tout la même chose.

Pour moi personnellement, la pluie à Kiev était souvent synonyme de catastrophe naturelle – plein de flaques d’eau parfois impossibles à franchir, des saletés ramenées par l’eau, et même des courants d’eau le long des trottoirs en cas de déluge. Par contre, à Rennes peu importe la pluie (la bruine ou une pluie forte), la ville n’a jamais beaucoup de traces de ce phénomène naturel. Tout sèche vite, pas de grandes flaques d’eau, possibilité de sortir dehors quand la pluie est fini sans risque de noyade pour ses chaussures.

 

Voilà pour mes découvertes personnelles du mode de vie des Français mais surtout des Rennais, hein 😉

Et vous, quelles étaient les choses qui vous ont le plus marquées pendant votre séjour/voyage à l’étranger ?

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David
David

« Bonjour » et bravo Lina, je viens seulement de consulter ton blog, et lire ton top 10 des choses qui t’ont surprises, et je trouve çà génial. Tu écris très bien, mieux que beaucoup de français. Ca m’a parfois fait sourire. C’est très enrichissant pour nous aussi qui nous rendons pas compte finalement des toutes nos petites habitudes du quotidien. J’ai hâte de lire la suite du blog.
Il y a une seule chose qui m’étonne, et c’était déjà le cas avec mes anciens collègues en région parisienne : comment peut-on consommer du beurre doux fade lorsqu’on a goûté au beurre demi-sel ! 😉
Merci
A bientôt

Amélie
Amélie

j’adore ton blog Lina ! c’est très bien écrit, c’est clair, et je trouve super sympa de découvrir tes impressions sur ce pays, la France, que je connais depuis toujours. Tout me parait normal, donc c’est drôle de voir le point de vue d’un étranger 😉 Pour l’eau, je la bois aussi au robinet chez moi à Rennes, mais quand je vais chez ma soeur près de Paris…byeurkkkkk l’eau du robinet est immonde ! du coup, je dois acheter de l’eau en bouteille 😛
En tout cas, continue à écrire, c’est chouette de te lire 😉
Bisous !

Carmen
Carmen

1, 3, 5, 6, 7 – les points qui m’ont surpris aussi, avec un grand « ?!?! » pour le 6 (les gens qui s’assoient par terre en ville, à l’université, dans les parcs…) 😉